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 welcome back (Tetà)

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MessageSujet: welcome back (Tetà)   Sam 18 Avr - 14:16



6 ANS PLUS TARD

Passer la porte ne lui avait pas ramené, quand on voit dans les films, des flots de souvenirs heureux. Faut dire que la période insouciante avait pas duré longtemps. Il avait beau en blâmer sa mère, c'était surtout lui-même, le responsable de son propre mal-être. Hors de question de se l'avouer. C'était plus simple pour lui de la haïr - c'était pas comme si ils s'étaient un jour bien entendus de toute façon.
Son sac sur le dos, il a passé la porte comme il l'aurait fait tous les soirs des années plus tôt. La peinture s'écaillait vraiment désormais, le proprio - si un jour il passait - gueulerait pour ça. Pour le reste, la maison était étonnamment plus propre qu'à son départ. Il faut dire que sans les traces de tabac et autres substances qu'il laissait traîner partout, c'était plus facile à entretenir.
Surement l'oeuvre de Tetà. Qui n'était pas là, d'ailleurs.
Sa mère dormait sur le canapé, en ronflant. Surement l'alcool, encore une chose qui n'avait pas changé.
Jan est monté dans son ancienne chambre, s'attendant à croiser un de ses frères et soeurs. Il était peut-être trop tôt pour ça, il faut croire. C'est vrai qu'il y avait école, ou boulot (qu'est-ce qu'il en savait, il était parti avant de savoir ce que les petits voulaient faire, plus tard). En ouvrant la porte, il a découvert qu'il n'y avait qu'un lit, qui, si il déduisait bien de ce qui était accroché aux alentours, appartenait désormais à son frère. Il devait avoir quel âge, maintenant ? 17-18 ans ? Non, 19. Ah oui, quand même...
Il hausse les épaules, et décide de se coucher. C'était sa chambre, avant, après tout.

Ce sont des bruits de voix et de porte qui le réveillent. En ouvrant la fenêtre, il s'aperçoit que sa mère est partie. En tournant la tête, qu'il est observé. Son petit frère le regarde avec des yeux ronds, on dirait qu'il a vu un fantôme. Jan réalise que c'est surement ce qu'il était devenu, à force. Pas que pour sa famille. Il a mis sa vraie identité entre parenthèses pendant 6 ans. Est-ce qu'il était un sujet tabou, ici ? Ou au contraire, est-ce qu'on parlait de lui avec des regrets et des sanglots dans la voix ? Qu'on mettait tous les problèmes qui leur tombaient dessus sur son dos ?
En fin de compte, il est pas sûr de vouloir savoir.
"Salut", il dit.
Son frère sort sans répondre. Jan hausse les épaules, se rhabille tranquillement, et, alors qu'il venait juste de s'allumer une clope, la porte s'ouvre de nouveau.

Tetà.
Il a laissé une gosse derrière lui. Il avait dix huit ans, elle en avait quatorze. Aujourd'hui, c'est un petit bout de femme qu'il a sous les yeux. Elle est belle, Tetà, plus qu'il aurait jamais pensé qu'elle deviendrait. C'est sa soeur, après tout, pense-t-il avec une note de fierté totalement déplacée.
Il sourit. Pas elle.
"Salut", il répète.
Il sent venir la tempête, il sait qu'il l'aura mérité, mais c'est pas de sa faute, c'est comme ça, il a toujours été un petit con arrogant et c'est pas devant sa famille - ses cadets - que ça changera.
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J'ai posé mes valises le : 10/04/2015 Mon avatar est signé : @clunnis @ayshi. et j'ai posté un total de : 207 Sinon, on m'appelle : ayshi. (lyds)

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MessageSujet: Re: welcome back (Tetà)   Sam 18 Avr - 17:19

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passer la porte de ton minable appartement était devenu une habitude, source de réconfort précaire chez toi. tu rentrais plus ou moins tard, tout dépendais de ton état. et surtout, de sa clémence. parfois, il te laissait en bon état, toi la poupée de chiffon, donc tu marchais correctement, tout en évitant les faux gestes tout de même, de peur de ressentir cette douleur qui te massacre les côtes. et parfois, il n'avait aucune pitié et tu rentrais détruite, défaite. presque désarticulée. aujourd'hui était ton jour de chance, et donc tu étais vite partie, sans aucun bleus. pas besoin de se cacher ce soir, même si ceux de la veille n'était pas totalement disparu.
mais ce soir, tu ne pouvais que positiver. tu avais eu une journée calme et sans encombre. les étoiles semblaient presque te sourire, alors que dans les rues de ton quartier, les seuls sourires étaient ceux des hommes affamés.
une fois à l'intérieur de ton cocon, ton premier réflexe fut de souffler. ici, rien ne pouvait t'arriver, n'est-ce pas ? tu savais que les jumeaux étaient de retour, que lia révisait avec une amie, et que toi, tu devais cuisiner et ranger, avant de faire le repassage, surveiller ta génitrice et te coucher tard pour te lever tôt. mais non. au moment où tu t'apprêtes à sortir un verre pour boire un verre -juste un, pour décompresser, y'a un des jumeaux qui débarque et te lâche, comme si il avait vu la vierge. « tetà. dans ma chambre y'a... » pas besoin d'en dire plus. tu attrapes une fourchette, alors que t'avances dans la chambre. et au moment où la porte s'ouvre, ton cœur s'arrête. une seconde. deux secondes. tu te sens presque mal.
c'est jan.
jan, tranquillement dans son ancien lit. dans son ancienne chambre. dans son ancienne maison.
maison qu'il a quitté il y a six ans, et dont il revient, six ans plus tard. six ans trop tard.
c'est jan, tout sourire. et là, tu lâches la fourchette au sol. et t'as peur, t'as mal, t'es en colère. parce que tu l'as jamais dit, mais le jour où il est parti, tu l'as attendu, pour qu'il vienne te chercher. tu l'as attendu une heure, deux heures. peut-être même plus. mais ce con, il était parti. alors t'es rentrée toute seule, retenant tes larmes.
et lorsque t'as dit à ta mère que jan, il était parti, elle a dit que c'était tant mieux. et puis t'as compris que lui, il en avait marre. marre de cette vie qui n'en était pas une. marre d'eux. marre de toi, aussi. sinon, il t'aurais pas laissé. alors, t'as décidé que jamais tu ferais ça. t'as pris cette trahison comme une règle à respecter. la famille avant tout. et depuis, tu vis comme ça, tu dors comme ça. la famille comme seule règle.
mais jan, il est de ta famille, hein ? et pourtant, il a l'air d'un inconnu. d'un inconnu, du haut de ses vingt-quatres ans. parce que tout les 10 août, en cachette, tu lui fêtais son anniversaire. c'était une clope que tu faisais brûler en son honneur.
et voilà que maintenant, il est là.
« pourquoi t'es revenu ? »
tu pourrais lui cracher au visage. pleurer. le tuer. l'embrasser, lui dire qu'il t'a manqué. mais rien. si. juste ta voix qui tremble, ainsi que tes mains, d'ailleurs. et peut-être tes yeux un peu plus humide, mais c'est tout.
c'est tout.
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MessageSujet: Re: welcome back (Tetà)   Sam 18 Avr - 21:15



C'est le bruit métallique d'un objet qui tombe par terre qui le fait baisser les yeux sur ce qu'elle tenait dans la main. Une fourchette. Etait-elle en train de manger ? Ou alors, elle pensait qu'une fourchette le blesserait ? Peut être que son frère ne lui avait pas dit qu'il était rentré finalement - quoi que, le pauvre, il avait l'air sous le choc. Il aurait peut-être dû y penser avant de revenir ici, la bouche en coeur. Genre, envoyer une lettre de temps en temps, dire que tout allait bien.
Il s'était dit, pour se rassurer, que ça risquait de compromettre sa véritable identité si ils lui répondaient - il s'était retrouvé piégé par sa propre bêtise avant qu'il ne s'en rende compte. Mais encore une fois, cette excuse ne masquait pas le fait que si il n'avait plus contact avec sa famille, c'était uniquement de sa faute à lui.
Et puis, clairement, ce n'était pas comme si ça l'avait empêché de dormir. Tetà avait toujours été débrouillarde, et la mère leur filait un minimum à bouffer. Sûr, aucuns des petits ne feraient de longues études, mais tant pis, c'était la vie. Il était parti à 18 ans en refusant de laisser qui que ce soit gâcher sa vie, sans penser un instant qu'il pouvait en gâcher d'autres.

Jan tire sur sa clope, feignant l'indifférence. Il est devenu très fort à ces petits jeux d'acteurs. Pourtant il aurait jamais pensé avoir un jour à s'en servir devant sa petite soeur.
" pourquoi t'es revenu ?"
T'as pas envie de savoir, Tetà.
Jan a pas envie de lui mentir, de lui dire que c'est pour eux, qu'ils leur manquaient trop. Bien sûr, qu'ils lui ont manqué, mais il pouvait vivre avec ça. Son sac contenant ses économies et ses affaires est posé sur le sol, à côté de lui. Il a fourré que les affaires que sa copine lui a offert, celles qui valent cher, et puis, tout au fond, l'argent de la revente de la bague.
Par où il commencerait, hein ? "Je me suis fiancé à une bourgeoise de 31ans qui pense qu'on a qu'un ans de différence et que je m'appelle Aldo, du coup je me suis tiré parce que j'ai commencé à ne plus contrôler la situation, et je me retrouve là, parce que c'est l'endroit le plus sûr. On peut partager l'argent, si tu veux."

Bordel, c'était qu'une gosse, quand il est parti. Et c'est seulement maintenant qu'il s'en rend compte ; à l'époque il la voyait comme une chieuse un peu collante qui voulait tout le temps fourrer le nez dans ses affaires et lui lancer des avertissements inutiles.
Il aurait dû l'écouter tellement de fois.
Mais c'était et ça a toujours été lui, le grand, alors c'était la honte pour un mec de 18 ans de se plier à une gosse de 14 ans.
Et puis, il a traversé des choses, en six ans. C'est devenu tellement quotidien de mentir, de détourner les choses.
"Je suis revenu pour vous."
Il baisse la tête, la penche sur le côté, c'était ce qu'il faisait tout le temps avec sa bourgeoise et elle fonçait dans le panneau.
"Je sais que ça fait 6 ans et que j'ai manqué beaucoup de choses, que c'est surement pas excusable, mais... Je suis là maintenant. Pour de bon."

Jan a jamais menti à sa famille. Il les envoyait bouler, leur disait qu'il avait de comptes à leur rendre, mais il leur mentait pas.
Maintenant, c'est chose faite.
Ce qui le rassure, quelque part, c'est son incapacité à regarder sa soeur dans les yeux. Il aurait vraiment touché le fond, là.
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MessageSujet: Re: welcome back (Tetà)   Dim 19 Avr - 16:10

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ses yeux dérivent vers le bout de métal fourchu, qui s'écrase au sol, dans le silence de ta stupéfaction. tu clignes des yeux pour être sûre, et ce n'est que lorsque tu sens l'odeur de la cigarette que tu comprends que tu n'as pas bu. non, il est vraiment là.
et soudain, un flot de souvenirs te traverse de part en part.
ses bras lorsque c'était la guerre à la maison, ses bouclettes, puis son envie de libertée, vos disputes et réconciliations, vos plans fous pour la comète et rêves d'une vie meilleures.
tout ça, envolé dès qu'il est parti. il s'est enfui, sans dire au revoir, ni même je vous aimes. juste bonne nuit. et puis plus rien. silence radio pendant six ans. t'avais beau être débrouillarde, une présence rassurante te manquait. alors quand il est parti, t'as fait encore plus que tu ne faisais. tu bossais, tu volais. mais t'as jamais abandonné, comme lui.
le jour suivant son départ, aux petits, tu leurs a raconté qu'il était loin. qu'il les aimait. que jamais il les oublierait. au début, tu ressentais son absence partout. et au fur et à mesures, vous l'avez oublié. tous sauf toi. jan était tapi au fond de ta tête, bien rangé.
et le voilà, son retour si attendu.
et ça t'arrache l'épieu de cœur. il est là, il est en vie. tellement en vie qu'il tire sur sa clope, indifférent à tout tes sentiments.
« je suis revenu pour vous. » tu croises les bras, bouclier contre tout ça. tu fermes les yeux, fort, si fort que tu vois des lumières. tu les fermes pour empêcher la pluie de couler sur tes joues. « je sais que ça fait 6 ans et que j'ai manqué beaucoup de choses, que c'est surement pas excusable, mais... je suis là maintenant. pour de bon. »
lorsque tu les rouvres, une larme coule. colère, tristesse. il est là, devant toi, celui qui t'as abandonné trop tôt. t'essaies d'accepter ses excuses, naïve que tu es. tu te doutes pas un instant que c'est faux. du mensonge. tu laisse tomber la larme rebelle avant de tenter un sourire qui s'avère faible -comme toi, et de lâcher, la voix qui fourche dans ta gorge. « allez, viens m'aider à préparer le repas. »
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MessageSujet: Re: welcome back (Tetà)   Dim 19 Avr - 21:45



Elle croise ses bras, se renferme sur elle-même, ferme les yeux. Elle ne veut pas y croire. Elle fait bien, de ne pas vouloir y croire. Quelle peine il t'a causée, Tetà. Tu veux savoir combien de fois il a pensé à toi pendant tout ce temps ? Tu veux savoir, hein ?
Peut-être que lui il aimerait savoir. Avoir cette sensation égoïste que quelqu'un, quelque part, attendait son retour. Comme celle qu'il considère comme son ex doit l'attendre. Il range la bourgeoise dans un coin de son cerveau.
C'est difficile, quelque part, sur ses six ans d'absence, il en a passé trois avec cette nana. Difficile après de prétendre qu'on s'en fiche. Pourtant, il avait bien réussi, avec sa famille. Peut-être parce qu'il l'avait pas vraiment choisie.
Mais qui ne choisirait pas Tetà ?
" allez, viens m'aider à préparer le repas. "
T'es un abruti, Jan. Tetà, elle avait six ans pour pleurer toutes les larmes de son corps et le haïr, pourtant elle lui accorde encore une larme. Ce le rend mal. Bien fait pour lui. C'est rassurant, de voir qu'il éprouve encore des sentiments pour sa famille. Qu'il utilise.
Il se lève, éteint rapidement sa clope et fait trois pas vers elle, trois pas qui l'amènent juste devant elle - la chambre est toute petite, il avait oublié.
"Oh, Tetà..."
Sa voix à lui tremble un peu aussi, et cette fois, il n'est pas sûr que ce soit de la comédie. Il essuie sa larme - une première, pour lui. Il a toujours traité sa soeur de chouineuse, il faut l'avouer. Même le dernier jour, avant qu'il parte, quand il lui a mal parlé et qu'elle avait les larmes aux yeux, il avait envie de rouler les yeux et de la secouer.
Pourtant, il s'en rend compte maintenant, elle a toutes les raisons de pleurer.
Il l'admire, à la voir se tenir là, la voix enrouée, lui disant de venir l'aider comme si il ne s'était rien passé. Comme si il était parti hier. Comme si c'était normal qu'elle prépare à manger pour tous. Il aimerait, encore une fois, lui dire de se révolter, quelque part il a encore envie de la secouer.
Mais il le fait pas, pas cette fois. Il se contente de lui emboîter le pas, et d'embrayer sur le sujet de conversation anodin qu'elle a lancé. C'est pas lui qui continuerait sur le sujet épineux de son départ, encore moins de son retour. Il s'est fait pitié à mentir à sa propre soeur, et elle lui a fait mal à le croire aussi vite.
"On mange quoi ce soir ?"

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MessageSujet: Re: welcome back (Tetà)   Sam 2 Mai - 21:37

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bizarrement, alors que tu fermes les yeux, tu te poses ces questions, dont tu n'as pas les réponses ; mais qu'a-t-il pu faire durant six ans ? qu'est-ce qu'il a trouvé de si beau, de si magnifique, dehors ? a-t-il voyagé, rencontré une meilleure famille, vécu une meilleure vie ? est-ce qu'il a pensé à toi, à tes frères et sœurs, à ta mère ? et un peu à ton père, parfois ? tu sais pas, et sur le moment, t'as pas envie de savoir. parce que t'es soulagée. il est là, clope au bec, devant toi. en vie. en bonne santé. et c'est ça le plus important, non ? alors, dans un coin d'ton crâne, t'enfouis ta rancune -pas énorme, t'es pas quelqu'un de méchant, et tu enterres la hache de guerre. même si tu sais qu'au fond, il avait pas à vous lâcher. même si tu sais que d'un jour à l'autre, il peut encore repartir. tu te tais et lui propose, la voix cassée de t'aider à faire le repas.
tu sais qu'avant, c'était maman qui le faisait. quand elle était encore en état. lui, il doit du silence lorsque la mère faisait la cuisine. maintenant, c'est le bruit des casseroles, de l'eau, de tout qu'on entends. on y retrouve un peu de vie, dans cet appartement. en réalité, t'es jamais sortie, de ta maison, de ton cocon. dehors, tu connais pas. new-york, paris, tokyo. ça t'es inconnu, presque sur une autre planète. pourtant c'est bien là. mais t'as jamais cherché à partir.
jan, il l'a fait. et tu l'envies un peu, d'avoir trouver les couilles de tout lâcher et de se tirer. pourtant, tu le feras jamais.
« oh, tetà... » trois pas, une cigarette éteinte, décédée, et il est tout près de toi. il essuie sûrement une larme -première dans son histoire, première depuis longtemps et puis, sans en rajouter, vous vous dirigez vers la cuisine. sa voix retentit à nouveau, tandis que tu arrives vers la pièce à vivre. « on mange quoi ce soir ? »
tu fais vite le tour des placards pas très rempli et attrapes une boîte de champignon et du riz. « mh, j'espère que tu sais faire cuire du riz. » puis tu enchaînes. « ouvre moi ça, s'il te plaît. » tu lui lances la boîte pour qu'il l'ouvre, avant d'attraper la cocote sur l'étagère que tu peux enfin atteindre, avant de vers un peu d'eau et du riz. pas très luxueux le repas, mais ça suffit pour tout le monde. soudain, tu tournes la tête pour allumer le minuteur et tu tombes sur le tas de factures. tu le pousses en priant pour que jan ne s'aperçoive de rien et allume la machine, en sifflotant un air de jazz.
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MessageSujet: Re: welcome back (Tetà)   Lun 4 Mai - 22:23



C'est plutôt bon signe, quelque part. Il ne sait pas trop comment ont évolué ses petits frères et soeurs, mais si Tetà l'accepte vite, les autres suivront. Du moins, c'était comme ça quand il est parti. Et à en juger la visite de son frère de tout à l'heure, qui a dû aller chercher sa grande soeur, ça n'a pas vraiment changé. Il ne s'attendait pas à un pardon immédiat, loin de là. Il avait décidé que tant qu'il avait un toit, il s'en ficherait. Il avait l'habitude, depuis son enfance, de vivre dans un foyer plus ou moins déchiré. Il ne s'était jamais entendu avec sa mère. Ensuite, il avait vécu dans la galère, avant de rencontrer sa bourgeoise et vivre dans le mensonge avec elle. Autant dire qu'il était rodé.
Mais voir sa soeur, là, lui pardonner comme s'il s'était absenté une heure de trop, c'était tout de même étrange. Il avait beau avoir l'habitude de s'en sortir dans n'importe quelle situation, il trouvait ça tout de même un peu trop beau pour être vrai. Peut-être que Tetà voyait le côté pratique des choses. Ce n'est pas avec elle qu'il partagerait sa chambre, de toute façon. Elle savait que ça ferait des tâches ménagères en moins, peut-être un salaire en plus (quoi que si elle connaissait son frère, elle devait se douter qu'il ne fallait pas trop y compter).
Un adulte en plus. Peut-être qu'elle avait besoin de quelqu'un pour s'occuper de leur mère, ou juste l'occuper. Tetà avait grandi entre les "petit con" et les "je te déteste" courant entre Jan et sa mère. Les plus petits avaient été épargnés (surement une action de la jeune fille, d'ailleurs...), mais surement pas elle. C'était rarement éclatant, plus murmuré, mais la mésentente était tangible.
"mh, j'espère que tu sais faire cuire du riz.  " Sa voix le tire de ses pensées. Il sourit, légèrement. Peut-être que ça y est, il l'a enfin, l'afflux de souvenirs. Il a jamais été sentimental, et avait l'habitude d'effacer les mauvais souvenirs de son esprit, pourtant. Peut-être qu'il réalise que c'était pas si mal, de ne pas mentir tout le temps.
"ça va, je me débrouille", il dit, amusé par la situation. Il avait l'habitude des riz mijotés avec soin, il se retrouve de nouveau avec les boîtes bon marché, le riz qui colle quoi que l'on fasse. Tant pis. Il avait pas le palais assez fin pour reconnaître les différentes saveurs qu'on lui vantait. Du riz, ça reste du riz, quoi que tu mettes dedans, peu importe le prix que tu l'as payé.
"ouvre-moi ça, s'il te plaît." Avec un petit accompagnement, pour que ça passe mieux. Il s'exécute en silence. Il a toujours une petite appréhension, qu'elle lui pose des questions indiscrètes au moment où il ne s'y attend pas.
Pourtant c'est Tetà qui a un regard légèrement paniqué et pousse de manière qu'elle souhaite discrète une pile de feuilles, remplies de chiffres. Pas dupe, il s'en approche, lui tendant la boîte nonchalamment. Pas d'échappatoire possible pour sa jeune soeur. Il s'attend à voir des choses bizarres, une déclaration de travail d'un job douteux, une lettre de menace ou même quelque chose qui le concerne.
Il est d'abord soulagé en voyant que ce ne sont "que" des factures. Paiement en retard. Il connaît ça. Mais il était seul. Quand il y a 6 personnes vivant sous le même toit, ça devient plus problématique. "Eh bah, y'a des choses qui changent pas." ça lui a un peu échappé. Il n'est pas étonné que sa soeur assume les factures à la place de sa mère. Il pense aux 4 000$ planqués au fond de son sac, pour son propre plaisir. Honnêtement, il n'est pas près d'en parler à sa soeur.
Et comme il a jamais été doué pour consoler les gens, il se contente d'hausser les épaules. "Tu trouveras un moyen, Tetà ; c'est ce que t'as toujours fait jusque là". Il aurait peut-être dû dire "on" trouvera un moyen. Ou juste, ne pas mettre le sujet sur le tapis. Faire semblant de ne pas les avoir vues.
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MessageSujet: Re: welcome back (Tetà)   Sam 9 Mai - 15:20

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enfin dans la cuisine, pièce centrale de ton cocon, tu essaies tant bien que mal de préparer à manger pour tout le monde. parce que maintenant, ils sont tous grands. c'est vrai qu'ils pourraient manger autre part et te laisser seule. mais non. ce sont tes frères et sœurs. on ne s'abandonne pas. alors, tu mets les mains dans la nourriture, toujours prête à la tâche. tetà, tu comprends pas les gens qui ont abandonnée toute famille. tu comprends pas comment on peut se détacher de ce lien si fort qu'est le cercle familial, la cause de tous. parce que tu vis pour eux, tu respires pour eux, tu bosses pour eux. toi, poupée de chiffon, tu te fais envoyer valser pour eux.
mais ça, ils n'ont pas à le savoir, n'est-ce pas ?
mais tu continues. maman a sombré, c'est vrai. jan est parti. et maintenant il est de retour.
mais, tetà, en combien de temps l'a tu pardonné ? trop peu. parce qu'il était parti bien avant qu'ils mettent les voiles. déjà avant, il s'éloignait de toi. prenait secrètement son indépendance. nourrissait ses espoirs.
et pour ça, tu ne peux pas lui en vouloir. voilà pourquoi tu l'as pardonné si vite.
et maintenant, vous vous retrouvez tout les deux dans la même cuisine, ensemble. comme il y a six ans. a prendre le rôle d'une génitrice sur qui l'on ne peut plus compter. tu sens déjà les effluves d'alcool qui émane d'elle. et la folie dans les yeux. pourtant, chaque jour, tu te dévoues à aller la voir et la coucher. à planquer ses bouteilles.
mais ça sert à rien.
dans un silence rythmé par les bruits des boîtes qu'on ouvre, des choses qu'on bougent, jan te tends la boîte enfin ouverte, prête à servir. mais très vite, essayant de te rendre innocente des lettres qui proclament de les jeter dehors, il s'en aperçoit et lâche. « eh bah, y'a des choses qui changent pas. »
non, ça, ça n'a pas changé jan.
tu baisses les yeux, prête à te faire enguirlander. personne n'est réellement au courant, sauf ta mère. mais tu sais que ça lui passe par dessus la tête, qu'elle se fasse jeter ou pas. pas toi.
mais contrairement à ce que tu crois, jan ne t'engueule pas. en fait, il serait presque compatissant. « tu trouveras un moyen, tetà ; c'est ce que t'as toujours fait jusque là » tu soupires et relève les yeux, avant de continuer à préparer le repas. ça te comprime le cœur, cette menace.
« le dis pas aux autres, s'il te plaît. » c'est presque une supplication. tu veux pas qu'ils s'alarment. t'as déjà tellement de choses à cacher, à porter. manquerait plus que ça éclate. « je bosse pour rembourser tout ça. c'est un peu la galère mais j'y arrive. »
toute seule. comme une grande.
tu t'es promis de réussir.
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MessageSujet: Re: welcome back (Tetà)   Mer 13 Mai - 9:59



Il voit la honte dans les yeux de sa soeur, et il se demande comment est-ce que tout s'est inversé. Il pensait, en revenant ici, qu'on lui ferait culpabiliser avant de revenir, il s'attendait à une tempête, il n'a eu qu'une légère brise pour caresser son visage. Le vent des regrets et des appréhensions est passé sans l'effleurer.
Et là, devant lui, c'est celle qui aurait toutes les raisons de lui en vouloir qui baisse les yeux face à lui.
Elle est si fragile dans son rôle de femme forte, sa Tetà, que des fois il se demande comment tout peut tenir dans un si petit corps. C'est une mère avant l'heure et une gamine éternelle. Comme si elle aura toujours honte de ne pas assurer partout, comme si elle avait honte de ne pas réussir à porter le monde entier à bout de bras.
Jan, lui, il l'aurait laissé s'écrouler depuis bien longtemps.
Il se rend compte qu'ils ont toujours été si différents, trop différents pour qu'il puisse se sentir infiniment lié à elle.

"Le dis pas aux autres, s'il te plaît.  " Il a envie de rire. Il le fait un peu, d'ailleurs. Il faut encore qu'il soit sûr d'avoir un endroit où dormir avant de lâcher des bombes comme ça. Il a envie de rire jaune parce que Tetà l'a tenu éloigné des autres aussi, pendant un petit moment, à cause de l'argent et de ses mensonges. Il hausse les épaules. "C'est pas à moi de le faire." C'est pas à toi de t'en occuper non plus, tu sais. Leur mère touche une pension de veuvage, à la base c'était pour compenser un salaire de moins. Maintenant, pour payer des bouteilles de plus.
" je bosse pour rembourser tout ça. c'est un peu la galère mais j'y arrive. "
Il a envie de lui dire qu'il va l'aider, de ne pas s'inquiéter, mais l'argent c'est quelque chose de sérieux, et il y ait un peu trop attaché. Honnêtement, payer la bouffe ne le dérange pas, il avait conscience que c'est ce qu'il aurait à faire. Il ne pensait pas tomber sur des problèmes d'impayés comme ça. Alors il ne dit rien, il verra en temps voulu s'il peut les aider ou pas.
"Oh, tu bosses où ? " Changement subtil de conversation. Peut-être pas tant que ça, mais vu qu'ils viennent de se retrouver, ça passera peut-être mieux.
Il se mord les lèvres nerveusement. Il se souvient pourquoi il avait fui, il y a six ans, loin de tout ces genre de soucis.
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J'ai posé mes valises le : 10/04/2015 Mon avatar est signé : @clunnis @ayshi. et j'ai posté un total de : 207 Sinon, on m'appelle : ayshi. (lyds)

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MessageSujet: Re: welcome back (Tetà)   Lun 18 Mai - 13:38

Talking to a drunk person is like talking to an extremely happy, severely brain-damaged tree-year-old child.

tetà, dans ta tête, tu portes la honte. la crainte. la peur de ne pas réussir, d'échouer. d'avoir à tout dire, à tout dénoncer. alors, tetà, tu gardes tout ça pour toi. tu les gardes dans un coin de ton crâne, et c'est quand l'enveloppe revient que tu te dis qu'il est encore trop tard.
tetà, l'fric, ça n'a jamais fait ton bonheur.
pourtant, tu peux pas tout laisser tomber. t'as commencé, tetà. à toi de jouer.
alors l'argent, c'est toi qui le fait rentrer. toi toute seule. après tout, maman boit (malgré tout), les jumeaux sont étudiants, et aélia encore lycéenne. jan était parti. tu peux pas t'permettre un seul faux pas. tu peux plus.
alors, t'as plaqué tes études, tes envies d'aventures. t'a plaqué tes amours, tes fêtes, ta jeunesse pour faire vivre ce qui semble être heureux.
ta famille.
et, dans le murmure de tes craintes financières, tu entends le rire de jan. il rit, sûrement parce que dans sa vie d'avant, tout allait mieux.
tout allait sûrement tellement mieux. il n'avait sûrement pas quatres bouches à nourrir. tu sens comme une pique dans l'coeur, mais muette, tu n'fais rien. « c'est pas à moi de le faire. » un soupir de soulagement s'échappe d'entre tes lèvres.
il ne dira rien.
« merci... » que tu lâches, doucement.
après tout, quel intérêt avait-il à l'faire ? briser la famille ? non. tu peux pas le croire comme ça.
jan a toujours été bon, n'est-ce pas ? même si il le cache, même si il l'étouffe, jan est sûrement pas méchant.
hein tetà ?
d'ailleurs, il t'interroge, après avoir déclaré que tu bossais, sans trop donner d'indications.
« oh, tu bosses où ? » tu peux pas t'empêcher d'avoir une expression légèrement cripsée.
parler de ça, tetà, ça te plaît pas. ça te plaît pas, parce que là bas, il se passe des choses que personne ne voudrait savoir.
les coups, par exemple. mais ça reste secret. ça reste bleu sur ton corps, que tu tentes de cacher.
ça reste moche à dire. pourtant, tu ouvres la bouche, pour répondre. « je bosse dans un bar, la journée. parfois un peu le soir. » tu dis pas où et dans quelles conditions.
non tetà, mieux vaut pas.
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MessageSujet: Re: welcome back (Tetà)   Mer 8 Juil - 22:30



T'étais où Jan ? T'étais où ? Sa soeur se raidit et il ne sait pas pourquoi. Ou plutôt, il n'a pas envie de savoir pourquoi.
" je bosse dans un bar, la journée. parfois un peu le soir. "
Bosser dans un bar, le soir. C'est vraiment ce que t'as voulu que ta petite soeur finisse par faire, dans sa vie ? Tetà n'a jamais été l'intello de la classe, elle n'était même pas dans la tête de classe, amis elle aurait pu faire des études. Devenir, il ne sait pas vraiment, prof. Elle a toujours été bonne pédagogue, à l'écoute. Peut-être un peu trop fragile, pour ça. Pas assez d'autorité, en tous cas pas sur lui - mais personne n'a d'autorité sur lui, il n'écoute que lui-même, depuis toujours.
Travailler dans un bar ? C'est pas le métier qui convient à une fille comme elle. Quoi que, ça peut être un bar classe. Et ça pourrait lui être bénéfique, si elle accepte la carte famille et lui paie à boire, ou lui fait discrètement passer des boissons.
Son instant de remords est parti, il est même à deux doigts de se réjouir de la situation. Comme ça, il oublie que si Tetà avait voulu faire des études, il aurait fallu que quelqu'un lui paie. Et que quelqu'un d'autre reste à la maison pour les petits. Quelque part, c'est pas forcément de sa faute à lui. Certes, il était le mieux placer pour mettre en application ces "si", mais c'est pas non plus à lui d'assumer le rôle de l'adulte, qui paie les études de ses enfants et les encourage à être bon à l'école. Jan aurait pu devoir partir explorer le monde - par envie, pas par fuite - tandis que Tetà faisait ses études et que les plus jeunes continuaient sur sa voie à elle.

"J'ai jamais bossé dans un bar..." , il dit, pensivement. "ça peut être sympa, j'imagine, si t'es pas une petite nana face aux soulards de minuit." Il la regarde droit dans les yeux, cherchant à deviner comment la clientèle se comporte envers elle. Il est quasiment certain qu'elle n'apprécierait pas  qu'il fourre son nez n'importe où, qu'elle lui dirait que ça ne le regarde pas, alors il fait semblant d'être détaché par rapport à ça. "Tu fais une réduction pour la famille ?" Il sourit, grand idiot. Puis il se rend compte qu'encore une fois, ça peut ne pas bien passer. "Je plaisante, mais dis moi où c'est, il faudra que je passe te voir, quand même - ça se trouve je connais l'endroit."
Il touille le riz, nonchalant. C'est toujours le même riz premier prix qui colle à la casserole quoi que tu fasses. Même à des milliers de kilomètres, il avait le même dans ses placards.



(avoue t'y croyais plus Arrow )
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